GLP-1 : près d’un Français sur cinq prêt à s’injecter pour maigrir

Perdre du poids grâce à une simple injection : l’idée séduit de plus en plus de Français. Selon un sondage Ifop réalisé pour Darwin Nutrition entre le 17 et le 21 mai 2026 auprès de 3 004 personnes majeures, 18 % des Français se disent prêts à recourir à un médicament de type GLP-1 pour maigrir, qu’il s’agisse d’Ozempic, de Wegovy ou de Mounjaro. Un engouement qui inquiète les autorités sanitaires, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ayant multiplié les mises en garde contre le mésusage de ces traitements.



Un Français sur cinq prêt à franchir le pas


D’après l’enquête Ifop, seuls 4 % des personnes interrogées ont déjà tenté de maigrir avec un médicament anti-obésité, et 2 % en utilisent actuellement. Mais la tentation dépasse largement l’usage réel : 18 % des adultes se disent disposés à essayer ces injections coupe-faim, dont 5 % « certainement » et 13 % « probablement ». Rapportée à la population adulte française, cette proportion représenterait environ dix millions de personnes.



  • 4 % des Français ont déjà essayé un médicament anti-obésité pour maigrir

  • 18 % se disent prêts à en prendre, dont 5 % de façon certaine

  • Une part significative des candidats envisagerait la démarche même sans ordonnance


Ce dernier point retient particulièrement l’attention des autorités : une frange des personnes séduites par ces traitements dit être prête à se les procurer en dehors de tout circuit médical encadré, notamment sur internet.



Un remboursement élargi depuis juin 2026


L’engouement s’explique en partie par un changement réglementaire récent. Depuis le 15 juin 2026, l’Assurance Maladie prend en charge à 65 % les traitements Wegovy et Mounjaro pour les adultes souffrant d’obésité sévère, sous réserve de répondre à des critères précis définis par les autorités de santé. Cette évolution, longtemps réclamée par des associations de patients, a contribué à médiatiser des molécules jusque-là surtout connues comme traitements du diabète de type 2. Un rééquilibrage de l’alimentation au quotidien reste toutefois recommandé par les autorités sanitaires en parallèle de tout traitement médicamenteux.



L’ANSM appelle à la prudence


Face à la multiplication des demandes, l’ANSM a pris des mesures pour sécuriser l’utilisation des analogues du GLP-1. L’agence rappelle que ces traitements ne doivent être prescrits qu’après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle et en association avec un régime hypocalorique et une activité physique régulière. Elle met en garde contre le détournement de ces médicaments à des fins purement esthétiques par des personnes non concernées par un problème de poids ou de santé lié à l’obésité, un usage pour lequel ces traitements ne sont pas indiqués.


L’agence alerte également sur les risques liés à l’achat de produits présentés comme des GLP-1 sur des circuits non officiels : contrefaçons, dosages incontrôlés et absence de suivi médical peuvent exposer les utilisateurs à des effets indésirables sérieux. Un rappel qui fait écho aux réflexes de vigilance déjà recommandés lors de l’entrée en vigueur du nouveau Nutri-Score, destiné lui aussi à mieux informer les consommateurs sur leurs choix alimentaires.



Le médicament ne remplace pas l’hygiène de vie


Les spécialistes rappellent que ces traitements, aussi efficaces soient-ils sur la perte de poids à court terme, ne dispensent pas d’une hygiène de vie durable. Une étude relayée cette année soulignait d’ailleurs que l’activité physique seule ne suffit pas toujours à rester en forme sans un accompagnement global. Du côté de l’alimentation, la question du budget reste également centrale pour de nombreux foyers, qui doivent composer avec la hausse du coût d’une alimentation saine.



Questions fréquentes


Les médicaments GLP-1 sont-ils délivrés librement en France ?


Non. Leur prescription est encadrée : elle doit intervenir après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle classique, et le remboursement à 65 % ne concerne que les cas d’obésité sévère répondant à des critères précis depuis juin 2026.


Pourquoi l’ANSM met-elle en garde contre ces traitements ?


L’agence s’inquiète du détournement de ces médicaments à des fins esthétiques par des personnes non concernées par l’obésité, ainsi que des risques liés à l’achat de produits contrefaits sur des circuits non officiels.


Le sondage Ifop concerne-t-il uniquement les personnes en surpoids ?


Non, l’enquête a interrogé un échantillon représentatif de 3 004 adultes, indépendamment de leur corpulence, pour mesurer l’attrait global de la population envers ces traitements.



Sources



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