Le nouveau Nutri-Score continue sa mue silencieuse dans les rayons des supermarchés. Porté par un arrêté entré en application en 2025 et déployé progressivement depuis, l’algorithme qui attribue la fameuse note de A à E à des dizaines de milliers de produits alimentaires a été recalculé en profondeur. Résultat : un produit sur trois change de couleur sur son emballage, sans que la recette n’ait forcément bougé d’un gramme. Un enjeu direct pour quiconque surveille son alimentation ou cherche à perdre du poids, puisque cette étiquette reste l’un des repères les plus consultés au moment de remplir son panier de courses.
Un algorithme de calcul profondément revu
La nouvelle formule de calcul ne se contente pas d’un simple ajustement cosmétique. Elle renforce le poids du sucre et du sel dans la note finale, et prend surtout mieux en compte les édulcorants, jusqu’ici traités avec indulgence. Les boissons sucrées ou édulcorées sont particulièrement concernées : des sodas « light » autrefois classés B se retrouvent désormais entre C et E, une fois neutralisé l’effet favorable que leur conférait l’absence de sucre au profit d’additifs. Les plats préparés surgelés subissent le même sort : la nouvelle grille leur interdit quasiment d’atteindre les notes A ou B dès que leur teneur en sel ou en sucre dépasse certains seuils, même lorsqu’ils affichent par ailleurs un bon apport en légumes ou en protéines.
Des notes qui bougent, un repère à réapprendre
Concrètement, entre 30 et 40 % des produits qui affichent un Nutri-Score voient leur lettre évoluer avec la nouvelle méthode de calcul, à la hausse comme à la baisse. Cette bascule oblige les consommateurs les plus attentifs à revoir certains réflexes d’achat, d’autant que l’étiquette reste facultative : les industriels qui l’utilisent disposent d’une période de transition d’environ deux ans pour faire évoluer leurs emballages. Concrètement, jusqu’en 2027, un même type de produit peut afficher indifféremment l’ancienne ou la nouvelle note selon la marque, ce qui complique la comparaison en rayon. Pour qui suit une alimentation équilibrée dans une logique de contrôle du poids, ce chevauchement impose de vérifier la date de mise à jour de l’étiquetage plutôt que la seule lettre affichée, un sujet suivi de près du côté de la rubrique santé et médecine du site.
Une généralisation obligatoire rejetée de justesse au Parlement
Le débat sur le caractère obligatoire du dispositif a également agité l’automne parlementaire. Lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale, une mesure visant à généraliser l’affichage du Nutri-Score sur l’ensemble des aliments transformés avait été adoptée de justesse par les députés en première lecture, avant d’être rejetée par le Sénat. En seconde lecture à l’Assemblée nationale, le texte n’a finalement pas été adopté, à une très courte majorité selon les comptes-rendus parlementaires. La proposition prévoyait notamment une pénalité financière pour les entreprises refusant d’afficher le logo. Le dossier est jugé pour l’instant enterré pour ce cycle budgétaire, mais pourrait resurgir lors d’un prochain exercice, tant la question du pouvoir d’achat alimentaire reste sensible pour les ménages, un thème que l’on retrouve régulièrement dans la rubrique vie pratique et société.
Ce que ça change au moment de faire ses courses
Pour les consommateurs, la recommandation qui revient le plus souvent chez les nutritionnistes reste la même malgré cette réforme technique : privilégier la lecture de la liste des ingrédients et des quantités de sucre, sel et matières grasses pour 100 grammes, plutôt que de se fier uniquement à la lettre. Le Nutri-Score demeure un outil de comparaison rapide entre produits similaires, y compris pour les achats effectués en ligne, où la fiche produit affiche de plus en plus souvent la nouvelle note à côté de l’ancienne, un point suivi du côté de la rubrique e-commerce et boutique du site.
Questions fréquentes
Le nouveau Nutri-Score est-il obligatoire pour tous les produits ?
Non. L’affichage reste facultatif en France comme dans les autres pays européens qui l’ont adopté. Seules les marques qui choisissent volontairement d’utiliser le logo doivent respecter la nouvelle grille de calcul une fois leur délai de transition écoulé.
Pourquoi certains sodas « light » perdent-ils des points avec le nouveau calcul ?
La nouvelle formule intègre plus sévèrement la présence d’édulcorants et retire l’avantage qu’ils procuraient auparavant par rapport au sucre classique, ce qui fait souvent basculer ces boissons vers une note C, D ou E au lieu de B.
Jusqu’à quand peut-on voir coexister ancienne et nouvelle note sur un même produit ?
Les industriels disposent d’une période de transition d’environ deux ans pour mettre à jour leurs emballages, ce qui signifie que l’ancien et le nouveau système peuvent cohabiter en rayon jusqu’en 2027 selon les marques.
Sources
- Que Choisir — Budget 2026, Nutri-Score : ça ne passe toujours pas
- Eurofins — Évolution du Nutri-Score, ce que change l’arrêté du 14 mars 2025
- Santé publique France — Évaluation de la campagne Nutri-Score
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