La saison de chasse 2026-2027 s’ouvre sur fond de polémique. Si les dates générales restent fixées par arrêté préfectoral entre le deuxième et le quatrième dimanche de septembre, c’est la chasse au gibier d’eau, ouverte dès le 21 août sur les marais et plans d’eau intérieurs, qui cristallise les tensions cette année. En cause : une sécheresse jugée exceptionnelle par les associations de protection de la nature, qui réclament un report du calendrier.
Les dates d’ouverture 2026, département par département
Comme chaque année, l’ouverture générale de la chasse varie selon les territoires. Les départements retenant le deuxième dimanche de septembre ouvrent au plus tôt le 13 septembre 2026, ceux relevant du troisième dimanche au plus tôt le 20 septembre. La Corse fait figure d’exception avec une ouverture générale possible dès le premier dimanche de septembre, soit le 6 septembre. Pour le grand gibier, la chasse à l’approche ou à l’affût du sanglier et du chevreuil est autorisée depuis le 1er juin. Ces dates précises restent fixées localement par arrêté préfectoral, avec une clôture générale au plus tard le dernier dimanche de février 2027.
Le calendrier du gibier d’eau obéit à une logique distincte : ouverture le 1er août sur le domaine public maritime, puis le 21 août pour les marais, fleuves, lacs et étangs intérieurs. C’est précisément cette dernière date qui pose question cet été, dans un contexte où les zones humides ont particulièrement souffert du manque de pluie.
Gibier d’eau : une ouverture maintenue en pleine sécheresse
Selon l’Office français de la biodiversité, 43 % des cours d’eau et zones humides présentaient fin août un assec ou une perturbation d’écoulement. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qualifie la sécheresse de 2026 de l’une des plus intenses des cent dernières années dans plusieurs régions, dont les Pays de la Loire. Dans ce contexte, la fédération demande le report de l’ouverture de la chasse aux oiseaux d’eau, initialement fixée au 21 août, jusqu’au 20 septembre 2026 — soit un alignement sur l’ouverture générale.
L’argument avancé : ajouter une pression de chasse à des milieux déjà fragilisés par le manque d’eau accentuerait le dérangement d’une faune qui subit une pression climatique inédite. La LPO souligne également un risque de confusion d’espèces, les zones de chasse au gibier d’eau abritant aussi hérons, aigrettes, spatules et certains rapaces protégés, plus difficiles à distinguer des espèces chassables lorsque les points d’eau se raréfient et concentrent les oiseaux.
Que peuvent faire les préfets ?
Le code de l’environnement autorise les préfets à suspendre temporairement la chasse en cas de calamité, une notion qui peut inclure une sécheresse prolongée. Plusieurs fédérations départementales de la LPO ont donc sollicité directement les préfectures pour un usage de ce pouvoir discrétionnaire. À ce stade, la réponse varie selon les territoires : certains maintiennent le calendrier initial, d’autres étudient des mesures locales de restriction. Cette même logique de gestion locale de l’eau a déjà conduit plusieurs préfectures à encadrer strictement l’arrosage et le remplissage des piscines cet été.
Cette séquence rappelle que la sécheresse 2026 pèse sur l’ensemble du monde rural, des récoltes de maïs historiquement basses aux vendanges avancées par la chaleur, en passant par les restrictions imposées aux propriétaires de piscines et jardins. Pour les chasseurs, l’enjeu est aussi économique et logistique : un report de quelques semaines modifie les journées d’ouverture et les habitudes de terrain de milliers de pratiquants, en particulier dans les régions de marais où la chasse au gibier d’eau constitue une tradition locale forte.
Un arbitrage qui devrait se jouer au niveau local
En l’absence de mesure nationale, c’est bien la voie préfectorale qui tranchera, département par département, entre maintien du calendrier et report ponctuel. Les chasseurs comme les associations environnementales surveillent désormais l’évolution des niveaux d’eau dans les prochaines semaines, sachant qu’un retour de précipitations pourrait désamorcer une partie de la polémique avant même l’ouverture générale de septembre. Les fédérations de chasseurs, de leur côté, rappellent que la pratique reste encadrée par des règles de sécurité strictes, du port du gilet fluorescent obligatoir en battue au grand gibier à la formation décennale de remise à niveau, qui s’appliquent indépendamment du calendrier retenu — un rappel utile alors que le débat se concentre surtout sur les conséquences économiques plus larges de cette sécheresse.
Questions fréquentes
Quand s’ouvre la chasse générale en 2026 ?
Selon les départements, l’ouverture générale intervient au plus tôt le 13 septembre (deuxième dimanche) ou le 20 septembre (troisième dimanche), avec une exception corse dès le 6 septembre. Les dates précises sont fixées par arrêté préfectoral local.
Pourquoi la chasse au gibier d’eau fait-elle polémique cette année ?
Elle a été ouverte le 21 août sur les zones humides intérieures alors que la sécheresse 2026 a asséché ou perturbé, selon l’OFB, 43 % des cours d’eau et zones humides. La LPO demande un report au 20 septembre pour limiter la pression sur une faune déjà fragilisée.
Les préfets peuvent-ils suspendre la chasse en cas de sécheresse ?
Oui, le code de l’environnement leur permet de suspendre temporairement la chasse en cas de calamité, catégorie qui peut inclure une sécheresse prolongée. La décision reste toutefois prise au cas par cas, département par département.
Sources
- LPO Bretagne — Sécheresse : l’ouverture regrettable de la chasse aux oiseaux d’eau
- France 3 Pays de la Loire — La LPO demande le report de la chasse aux oiseaux d’eau
- Gestion Chasse — Dates générales d’ouverture de la chasse 2026
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