Depuis le 1er janvier 2026, le paysage de l’aide à domicile des seniors change en profondeur. Fusion des services d’aide et de soins, nouveau guichet unique départemental, mais aussi relèvement du seuil d’âge pour certaines exonérations : plusieurs réformes s’enchaînent et redessinent, parfois à la hausse, la facture de milliers de familles.
La fusion SAAD/SSIAD : un service unique, le SAD
Les anciens services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) et les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) fusionnent progressivement au sein d’une structure commune : le Service Autonomie à Domicile (SAD). Trois formes coexistent pendant la transition : un SAD « aide », qui prolonge l’ancien SAAD sous autorité départementale, un SAD « mixte » associant aide et soins — objectif prioritaire de la réforme — et un SAD « soins », régime transitoire pour les anciens SSIAD. La bascule complète vers des entités juridiques uniques est prévue au plus tard le 30 juin 2028, avec une première échéance intermédiaire fixée à fin 2025.
Un objectif affiché : un seul interlocuteur pour les familles
Concrètement, les familles n’auront plus à jongler entre deux structures distinctes pour l’aide à la vie quotidienne d’un côté et les soins infirmiers de l’autre. Selon la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), ce chantier de transformation est soutenu financièrement dans plus de 70 départements, pour un montant total avoisinant 11 millions d’euros répartis sur quatre ans.
Le SPDA, nouveau guichet unique de l’autonomie
Parallèlement, la généralisation du Service Public Départemental de l’Autonomie (SPDA) se poursuit en 2026, doté d’une enveloppe de 5,51 millions d’euros pour cette année. Ce guichet unique, désormais organisé dans l’ensemble des départements après une phase pilote menée dans 18 territoires, doit orienter les personnes âgées et les personnes en situation de handicap vers les bonnes structures : EHPAD, SAD, résidences autonomie ou dispositifs spécifiques au handicap.
- Accueil et orientation simplifiés vers le bon interlocuteur
- Évaluation des situations et attribution des aides dans des délais légaux encadrés
- Accompagnement continu et coordonné des parcours
- Actions de prévention et de repérage des personnes les plus vulnérables
Une hausse de facture pour les 70-79 ans
Autre changement, moins favorable celui-ci : la loi de finances 2026 relève de 70 à 80 ans l’âge d’accès à l’exonération totale de cotisations patronales pour l'emploi direct d’une aide à domicile, jusque-là accordée sans condition de ressources. Sont concernés les seniors de 70 à 79 ans qui emploient directement leur intervenant, sans percevoir l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ni la prestation de compensation du handicap (PCH) — soit environ 20 % des bénéficiaires dans certaines agences d’aide à domicile. La hausse est estimée entre 2,50 et 3 euros de l’heure, soit un surcoût mensuel de 60 à 120 euros selon la fréquence des interventions. Cette mesure doit générer environ 100 millions d’euros d’économies pour les finances publiques.
Ne sont pas concernés par cette hausse : les personnes de 80 ans et plus, les bénéficiaires de l’APA ou de la PCH, les personnes passant par un organisme prestataire agréé, ainsi que les titulaires de la carte mobilité inclusion.
Comment limiter l’impact pour les familles concernées
- Demander l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) auprès du conseil départemental, qui permet de conserver l’exonération
- Privilégier un organisme prestataire agréé plutôt que l'emploi direct
- Mobiliser le crédit d’impôt services à la personne, qui couvre 50 % des dépenses dans la limite de 6 000 € par an
- Anticiper via une assurance dépendance ou un plan d’épargne retraite dédié
Entre simplification annoncée des démarches et ajustement budgétaire pour les seniors les plus jeunes du dispositif, cette réforme de l’autonomie à domicile illustre la difficulté à concilier qualité d’accompagnement et maîtrise des finances publiques, alors que huit Français sur dix disent vouloir vieillir chez eux. Un enjeu suivi de près par les acteurs de la gestion de budget familial, à l’approche de la Conférence nationale de l’autonomie prévue en septembre 2026.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Service Autonomie à Domicile (SAD) ?
C’est la structure unique issue de la fusion des anciens services d’aide à domicile (SAAD) et de soins infirmiers à domicile (SSIAD), destinée à simplifier l’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie.
Qui est concerné par la hausse du coût de l’aide à domicile en 2026 ?
Les seniors de 70 à 79 ans qui emploient directement une aide à domicile sans percevoir l’APA ni la PCH, en raison du relèvement à 80 ans du seuil d’exonération totale de cotisations patronales.
Comment éviter la hausse de facture liée à cette réforme ?
En demandant l’APA auprès du conseil départemental, en passant par un organisme prestataire agréé, ou en mobilisant le crédit d’impôt services à la personne.
Sources
- CNSA — Service public départemental de l’autonomie
- DirectMag — Service autonomie à domicile : la réforme qui change tout pour les seniors
- Cap Retraite — Pourquoi certains seniors vont payer jusqu’à 15 % de plus en 2026
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